Fiscalité : comment payer moins d’impôt

Fiscalité : comment payer moins d’impôt
Banque Nationale Planifier Planifier

Les Québécois ont la facture fiscale la plus salée en Amérique du Nord. Natalia Sandjian, planificatrice financière, nous explique comment composer avec un tel fardeau.

Il peut être décourageant de voir tout ce que l’impôt nous prend chaque année.

Personne n’aime payer de l’impôt. Cela dit, bien comprendre la fiscalité dans toute décision financière peut faire en sorte qu’au bout du compte, on garde plus d’argent dans nos poches. 

Y a-t-il un secret pour payer moins d’impôt ?

Il n’y a pas de secret, mais il existe certaines notions essentielles vers lesquelles un planificateur financier peut vous orienter.

Par exemple, le prêt REER. Rares sont les personnes qui saisissent les incitatifs réels à l’épargne dans un régime enregistré d’épargne-retraite. C’est à un point tel qu’il vaut parfois la peine de temporairement s’endetter pour cotiser! En effet, comme les taux d’intérêt sont bas, il peut être avantageux d’emprunter pour bonifier la cotisation qu’on aurait pu se permettre selon ses liquidités, puis de rembourser dans les douze mois son prêt REER grâce à son remboursement d’impôt. Finalement, les quelques dollars payés en intérêts auront permis une bien meilleure cotisation à son REER, en plus de réduire l’impôt à débourser. Un investissement payant!

Fait-on l’erreur de ne penser aux impôts que pendant la période des impôts ?

Tout à fait! Et c’est alors trop tard : on est placé devant le fait accompli et les stratégies fiscales sont limitées, faute de temps. On devrait plutôt penser à la fiscalité tout au long de l’année. Même s’il ne s’agit pas d’une réflexion des plus agréables, elle peut s’avérer payante.

Est-il encore possible de remplir soi-même sa déclaration de revenus ?

Oui, mais selon la complexité de sa situation, à moins d’être un expert en fiscalité, on risque de laisser passer des occasions d’obtenir un remboursement d’impôt. Qui plus est, les erreurs ou omissions que l’on fait ne seront pas soulevées (qui nous préviendra qu’on a payé de l’impôt en trop?), de sorte qu’on peut les répéter année après année. Ces erreurs qui s’accumulent peuvent équivaloir à une bonne somme.

Quelle dépense déductible laisse-t-on souvent sur la table ?

Du point de vue de la fiscalité, beaucoup de gens ne comprennent tout simplement pas le pouvoir des REER. Quant aux déductions oubliées, elles sont nombreuses. Parmi les plus communes, les frais de transport, les frais médicaux, le coût des activités culturelles ou sportives des enfants, les frais de scolarité, les dons, les investissements pour rénovations écologiques, les frais reliés aux investissements, et j’en passe.

N’est-il pas dommage de passer à côté d’avantageuses déductions, simplement parce que l’on n’en connaît pas l’existence ?

En quoi l’expertise du planificateur financier diffère-t-elle de celle d’un comptable ou d’un fiscaliste ?

L’analogie entre le médecin spécialiste et le médecin généraliste est pertinente. Comme planificateur financier, notre rôle est celui du généraliste, c’est-à-dire celui qui a une vue d’ensemble et dont la formation générale dans les 7 champs de la planification financière lui permet de maîtriser ces domaines, sans en être l’expert.

Le planificateur financier a la responsabilité de lever les drapeaux rouges et d’enclencher la réflexion chez le client, celle qui le mènera au bureau d’un comptable ou à celui d’un fiscaliste. Le planificateur financier travaille en partenariat avec ces professionnels, mais de façon totalement indépendante.

De quelle façon un planificateur financier interviendra-t-il alors ?

Les comptables et fiscalistes proposent des stratégies que le planificateur financier évaluera en fonction du contexte du client. Par exemple, si un comptable invite un client à faire une contribution de 4 800 $ à son REER pour maximiser son impact fiscal, un planificateur financier voudra évaluer si cette recommandation s’insère bien dans les projets de vie de son client. L’optimisation de la situation globale s’accompagne toujours de compromis à faire ici et là.

Fiscalité: 4 règles à connaître par cœur !

  1. Penser impôt, tout au long de l’année. Il est trop tard quand on est à l’étape de la déclaration de revenus.
  2. La fiscalité n’est qu’un aspect à considérer. Prendre des décisions d’investissement dans la seule optique de « sauver de l’impôt » est une erreur. D’autres occasions peuvent être payantes, ou mieux correspondre à ses projets de vie.
  3. Le REER est payant. Surtout quand le taux d’imposition auquel on est assujetti est élevé. Emprunter pour profiter des déductions reliées aux cotisations au REER peut même par moments s’avérer une décision financière judicieuse.
  4. Épargner n’est pas suffisant. Il faut tenir compte de la fiscalité afin de retirer le plus d’argent de chaque dollar mis de côté.

 

Gestion privée de patrimoine BNI, réalisez que vous pouvez faire croître la valeur de vos actifs et ceux de votre famille. Découvrez ce service haut de gamme.

 

Les opinions présentées dans ce texte sont celles de la personne interviewée. Elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de la Banque Nationale ou de ses filiales. Pour tout conseil concernant vos finances et celles de votre entreprise, veuillez consulter votre conseiller de la Banque Nationale, votre planificateur financier ou, le cas échéant, tout professionnel (comptable, fiscaliste, avocat, etc.).

Édité le 22 décembre 2016

Sujets reliés