L’impact du congé parental sur les REER

L’impact du congé parental sur les REER
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Baisse de revenus, hausse des crédits d’impôt… Comment planifier un congé parental pour atteindre ses objectifs de retraite?

L’arrivée d’un enfant comporte son lot d’adaptations. Outre l’apprentissage de la parentalité au quotidien, on doit prévoir les dépenses engendrées par la venue du nouveau-né tout en comptant bien souvent sur un salaire moins élevé.

À titre d’exemple, les prestations hebdomadaires versées dans le cadre du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) du 1er janvier au 31 août 2016 s’élevaient en moyenne à 518,49$ pour les prestations de maternité, à 634,04$ pour les prestations de paternité et à 493,14$ pour les prestations parentales.

Pour calculer les allocations auxquelles vous pourriez avoir droit, utilisez le calculateur sur le site du RQAP.

Ainsi, selon le régime d’assurance parentale choisi, c’est de 25 à 30% de son salaire qu’on devra se passer.

Difficile alors de continuer à contribuer au Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) à hauteur du montant maximal autorisé, c’est-à-dire 18% du revenu gagné, jusqu’au plafond annuel applicable pour l’année. Faute d’avoir fait une place pour ces cotisations dans leur budget, certains décident de les reporter à leur retour de congé parental.

 

Diminuer l’impact sur la retraite

Si on ne contribue pas du tout à son REER, la somme perdue peut représenter des milliers de dollars pour la mère ou le père, en plus d’affecter leur revenu de retraite, voire repousser l’âge de la retraite.

La meilleure stratégie consiste donc à diminuer les cotisations plutôt qu’à les suspendre. Si on ne croit pas y arriver avec un revenu moindre, il faut donc prévoir ce montant avant le début du congé.

Ceux qui bénéficient d’un régime de retraite collectif parrainé par leur employeur peuvent s’informer des conditions du régime durant leur période d’absence. Certaines entreprises permettent à leurs employés de continuer à verser leur part, mais ceux-ci doivent aussi payer la part de l’employeur. Un double montant dur à assumer quand on dispose déjà d’un budget aminci.

Par ailleurs, si on décide de continuer ses contributions au REER durant son congé, il peut être judicieux d’attendre de recevoir de nouveau son plein salaire pour profiter de plus grandes économies d’impôt.

Par exemple, si une mère gagne normalement un revenu de 80 000$ et que son salaire tombe à 56 000$ avec le RQAP durant son congé de maternité, elle peut contribuer à son REER quand même durant cette période, mais demander une déduction pour ces cotisations l’année suivante, soit lorsqu’elle retrouvera son salaire complet et qu’il sera alors plus avantageux de les utiliser pour réduire son revenu imposable.

 

Retirer des REER, une bonne idée?

Après la fin des prestations du RQAP, certaines personnes choisissent de prolonger d’un an leur congé parental. Les REER sont souvent les fonds vers lesquels on se tourne pour combler l’absence de revenu qu’engendre une telle décision.

Le retrait doit cependant être fait dans l’année d’imposition où les revenus ont été plus faibles pour éviter que les fonds soient grugés par les retenues d’impôt, lesquelles sont calculées en fonction du revenu total annuel. Les sommes reçues du RQAP au cours de cette période seront donc prises en compte.

Une telle stratégie présente bien sûr le désavantage de diminuer le capital à la retraite. Il ne faut pas non plus perdre de vue que les montants retirés ne s’ajouteront pas aux droits de cotisation futurs, de sorte qu’ils seront perdus à jamais.

Pour ces raisons, il vaut mieux consulter un conseiller financier pour s’assurer qu’il s’agit de la meilleure avenue dans sa situation.

 

Combler le manque à gagner

Certains crédits d’impôt de même que l’allocation pour enfants du fédéral pourraient atténuer la baisse de revenus qu’on subit durant son congé parental. C’est ainsi que pour une famille d’un enfant dont le revenu familial est de 85 000$, l’allocation reçue s’élève à 276$ par mois, soit 3 310$ par année – et elle est exempte d’impôt. Au Québec, il existe également le Paiement de soutien aux enfants, qui est géré par Retraite Québec.

On peut également être admissible à d’autres crédits d’impôt. Comme chaque situation est unique, il vaut mieux consulter un comptable pour s’assurer d’aller chercher toutes les déductions possibles.

Enfin, il est bon de rappeler que les prestations reçues du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) sont imposables, mais que la retenue à la source sur ces montants ne tient pas compte des autres revenus reçus durant l’année. Trop de personnes se font prendre l’année suivante et doivent rembourser des milliers de dollars de façon imprévue. Comme la retenue à la source risque d’être insuffisante, il est préférable de prévoir le coup et de demander une retenue plus importante à son employeur, ou encore de mettre de l’argent de côté avant le congé parental.

 

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Édité le 29 décembre 2016

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