Patrimoine familial : guide de la famille futée

Patrimoine familial : guide de la famille futée
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Comment protéger et faire croître son patrimoine familial tout au long de sa vie? C’est une question de choix et d’éducation, nous répondent deux experts. Voici leurs conseils pour chaque étape d’une vie de famille…

Choisir le bon véhicule d’épargne, au bon moment
Quand la famille est jeune, les dépenses sont nombreuses et arrivent toutes en même temps. Fournitures pour le bébé, achat de la première maison, rénovations de circonstance, pertes de revenus en raison du congé parental et, peut-être encore, remboursement de ses dettes d’étude. Comme les fonds disponibles pour l’épargne peuvent être limités, il est important de choisir le bon véhicule.

Aussi, entre le REER, le CELI et le REEE, il n’y a pas d’hésitation à avoir, croit Daniel Laverdière, directeur principal de la planification financière et du service-conseil à la Financière Banque Nationale : « Le REEE est à privilégier, car contrairement aux REER et aux CELI, les droits de REEE ont une échéance à la majorité des enfants… »

« L’avantage du REEE est qu’il permet de différer l’impôt sur le rendement, poursuit-il. Mais aussi, cet impôt sera payé par l’enfant, qui en aura sans doute moins à payer que nous. Finalement, il s’agit d’un placement subventionné par le fédéral et le provincial à une hauteur qui peut totaliser 30 %. »

Les droits de REER et de CELI, quant à eux, s’accumulent année après année. « On pourra donc se rattraper tout au long de sa vie active », conclut M. Laverdière.

Protéger sa famille quand ça compte le plus
Plongé dans le feu roulant d’élever une jeune famille, on n’a pas beaucoup de temps pour se questionner sur son propre sort. Qu’arrivera-t-il si on a un accident, ou si on décède ? Comme on est dans la force de l’âge, on se croit invincible. C’est pourtant le moment où on a le plus à perdre.

« Prenons l’exemple d’un jeune médecin en début de carrière, dit Daniel Laverdière. Il vient de se faire construire une maison, il a une conjointe et trois enfants qui dépendent de son salaire. S’il lui arrive quelque chose, c’est toute la famille qui se retrouve dans le besoin. »

« En souscrivant à une assurance vie, on protège la valeur du capital humain, la valeur travaillée… » poursuit-il. Car, quand on y pense, c’est le salaire de toute une vie qui est perdu en cas de décès.

Pour cette même raison, il est conseillé de faire un inventaire des protections couvertes par ses assurances collectives en cas d’invalidité ou de maladie grave. S’il n’y a aucune couverture prévue, des assurances supplémentaires pour protéger son revenu en cas d’infortune sont à considérer.

Faire de l’éducation financière de ses enfants une priorité
« Il faut parler d’argent avec ses enfants, conseille Sophie Ducharme, vice-présidente de fiducie et service-conseil à la Banque Nationale. Ainsi, on commence à les responsabiliser jeune vis-à-vis de leurs finances personnelles. »

Ce conseil tombe à point, quand on constate que plus de la moitié des étudiants considèrent leurs parents comme « des guichets automatiques », selon un récent sondage.*

Daniel Laverdière pousse l’idée plus loin : « Quand les enfants atteignent 18 ans, on peut mettre un peu d’argent dans leur CELI. C’est une bonne façon de les aider à se construire un capital. L’enfant reçoit ses premiers relevés de placement, il rencontre un conseiller, il réfléchit à son profil d’investisseur… Donc, quand il devient autonome financièrement, à 25-26 ans ou à la sortie de l’université, ça lui donne déjà quelques années d’expérience en matière de finances personnelles. »

Ne pas perdre l’objectif de vue, même quand les enfants sont aux études
Pour plusieurs parents, le dernier 10 ou 15 ans avant la retraite peut s’avérer un passage financièrement périlleux. En effet, les gens qui appartiennent à la « génération sandwich » sont coincés entre les besoins de leurs enfants devenus adultes, mais pas encore indépendants, et ceux de leurs propres parents en fin de vie.

 

Il se peut qu’on soit forcé de réduire son train de vie, d’espacer ses sorties au restaurant, voire de piger dans son épargne. Pourtant, il ne faut pas perdre espoir : les enfants voleront bientôt de leurs propres ailes, la maison sera payée et on atteindra le haut de l’échelle salariale au travail.

Le début de la cinquantaine est donc un tournant crucial pour assurer la pérennité de son patrimoine familial. Crucial, car il est encore temps de corriger le tir.

Mais pour cela, il faut avoir l’heure juste à la fois sur ses finances, sur ses revenus de retraite et sur son bilan successoral.

Planifier sa succession judicieusement
En matière de succession, le dilemme qui se pose est de savoir quand transférer son patrimoine : de manière progressive, alors qu’on est encore vivant, ou tout d’un bloc après le décès ?

Si plusieurs donateurs choisissent cette dernière option, c’est entre autres pour profiter du roulement des REER vers le conjoint survivant, ce qui permet de réduire l’impôt à payer sur la succession.

Daniel Laverdière offre toutefois cette mise en garde : « Quand on choisit de tout donner au décès, ça veut dire, en réalité, qu’on lègue son héritage au deuxième décès, c’est-à-dire celui du conjoint survivant… Selon les statistiques, ce deuxième décès survient habituellement vers 90 ou 95 ans. Alors, si vous avez eu vos enfants à 30 ans, ils recevront leur héritage à 60-65 ans, alors qu’ils sont à la retraite ! »

« Il sera un peu tard pour les aider, conclut le conseiller. Ils auront eu le temps de passer au travers des couches, de l’école privée, des matchs de hockey, de l’achat d’une maison… C’est quand la famille est jeune que les besoins sont grands. »

« Mais avant de commencer à donner, rappelle Sophie Ducharme, il faut évidemment s’assurer qu’on a assez d’argent pour subvenir à ses propres besoins. C’est beau de donner, mais il ne faut pas pour autant mettre en péril sa propre santé financière. »

C’est pour soupeser tous les aspects de cette question, en fin de compte, que le soutien d’un conseiller est important.

Il existe plus d’une façon de protéger et de faire croître la valeur de son patrimoine familial. C’est une question de choix.

 

Quel sera le secret de votre succès financier ?
Certains choix de vie qui auront un impact direct sur la valeur de son patrimoine familial : envoyer ou non ses enfants à l’école privée, acheter un chalet, se payer un voyage dans le Sud chaque hiver, aller au resto chaque midi ou apporter son lunch.

En tant que chef de famille, on peut choisir de s’attaquer uniquement aux dépenses de son ménage, ou encore chercher à en augmenter les revenus. On peut également travailler sur les deux tableaux en même temps !

Qu’est-ce qui fera, selon vous, la plus grande différence dans le succès financier de votre famille?

 

*Ces chiffres proviennent d’un sondage en ligne de la Banque CIBC mené entre le 13 et 17 août 2014 auprès de 1 001 parents canadiens inscrits au Forum Angus Reid.

Édité le 22 décembre 2016

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