Rénovations : en avoir pour son argent

Rénovations : en avoir pour son argent
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France Arcand, designer d’intérieur bien connue du public, nous parle des projets de rénovations qui provoquent… des propositions d’achat.

En quête d’une plus-value

« On assiste vraiment à un engouement : les gens tentent de vendre leur propriété et n’obtiennent pas le prix souhaité, car le marché est tout de même au ralenti. Alors, on rénove, dit France Arcand. Avec la quantité d’émissions et de magazines sur la rénovation qui existent aujourd’hui, les propriétaires sont conscients que cela augmente la valeur de leur maison. »

On sait par exemple que le fait de retaper la cuisine et la salle de bain offre le meilleur retour sur investissement au moment de la revente. Les experts estiment qu’il est ainsi possible de récupérer entre 75 % et 100 % du prix payé pour ces rénovations. « C’est vrai, ajoute France Arcand, mais on va aussi vendre la maison plus vite. »

Par contre, rénover pour vendre exige une stratégie qui ne s’improvise pas. Quelques clés pour se lancer…

Les rénos qui rapportent

Rien n’échappe aux tendances, pas même le monde de la rénovation résidentielle.

Ainsi, le garage a le vent dans les voiles. « Il y a quelques années, les gens n’étaient pas conscients de la plus-value d’un garage, dit France Arcand. Mais quand on vend sa propriété et qu’on a un super garage avec un plancher époxy et plein d’espace de rangement, cela vaut plusieurs milliers de dollars de plus. »

Les sous-sols méritent aussi une attention particulière, « parce qu’on veut maintenant maximiser toutes les pièces de la maison, poursuit la designer d’intérieur. On en fait une pièce de cinéma maison, les quartiers des adolescents ou encore un bureau à la maison. »

Or, s’il y a UNE tendance qui séduit plus que jamais les acheteurs potentiels, c’est le soin apporté à l’extérieur de la propriété. Que l’on parle de revêtements extérieurs au goût du jour ou d’un espace pour l’« outdooring »,  on valorise désormais le dehors autant que le dedans. Prenez-en bonne note !

Un budget réaliste

Cela dit, peu importe le projet, quand l’objectif est de maximiser son retour sur investissement, une bonne planification devrait commencer par un budget réaliste.

Combien devrait-on investir dans une nouvelle cuisine ou un sous-sol entièrement rénové? Avant de mettre un montant sur la table, on doit tenir compte de la valeur actuelle de la propriété. Si la maison est évaluée à 300 000 $, la rénovation d’une cuisine devrait être d’environ 15 % de sa valeur, soit 45 000 $. Pour une nouvelle salle de bain, on vise davantage 5 % (15 000 $).

Étape numéro 2 d’une bonne planification : mettre ses sous là où ça compte. Parfois, de l’aide extérieure est souhaitable. « Quand on a des projets où les investissements sont importants, comme un agrandissement ou une rénovation en profondeur, il y a des risques de faire des faux pas », dit France Arcand.

Bien sûr, l’experte prêche pour sa paroisse et nous conseille de faire appel à un designer d’intérieur. « Quand je rencontre un client, poursuit-elle, c’est la première question que je pose : a-t-il l’intention de vendre au cours des cinq prochaines années? Si c’est le cas, on prévoit des rénovations qui reflèteront l’ensemble de ses besoins, mais en minimisant les frais au maximum… »

En général, les honoraires d’un designer d’intérieur varient entre 8 % et 15 % du montant total des travaux.

Rénover pour le cœur… et la tête

Rénover pour vendre est une stratégie qui peut s’avérer payante, à condition de faire des choix sensés.

« Je conseille toujours aux gens de respecter l’architecture de la maison, dit France Arcand. Les acheteurs potentiels qui aiment le style de la propriété s’attendent à un intérieur cohérent ». En deux mots : évitons de donner à une maison de campagne un look de condo urbain… même si c’est très « tendance » cette année !

Par ailleurs, un propriétaire qui souhaite augmenter la valeur de sa maison devrait privilégier les rénovations « critiques » avant les rénovations « esthétiques ». Une toiture à changer, le rejointement du briquetage, une vieille plomberie…

Oui, on veut susciter les « Wow ! » de l’acheteur potentiel. Par contre, si celui-ci découvre après l’inspection de la maison que des milliers de dollars seront nécessaires pour éviter que le toit lui tombe sur la tête, on n’aura rien gagné.

En somme, on veut que le futur acheteur tombe en amour avec la maison, mais on veut aussi lui éviter de sortir sa calculatrice au moment de préparer son offre d’achat !

 

Édité le 22 décembre 2016

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