Soigner ses finances pour vivre en santé

Soigner ses finances pour vivre en santé
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Les effets des habitudes de vie comme l’alimentation et l’activité physique sur la santé sont bien connus. Mais saviez-vous que les finances personnelles ont elles aussi un impact sur la santé physique et mentale des individus?

Les finances, principale source de stress des Canadiens

L’argent est la principale cause de stress pour 42 % des Canadiens; c’est ce que révèle un sondage Léger mené en 2014 pour le compte du Financial Planning Standards Council (FPSC). Ce facteur devance largement le travail, qui arrive deuxième et constitue le plus grand facteur de stress de 23 % des répondants.

Parmi les soucis financiers qui accaparent les Canadiens, la difficulté à gagner un salaire stable arrive en tête. Il s’agit de la principale inquiétude de 45 % des participants à un sondage mené en 2015 par la firme Ipsos Reid pour le compte de la chaîne Global News.

Mettre de côté suffisamment d’argent en vue de la retraite est une autre préoccupation majeure des Canadiens: 40 % des répondants à ce sondage ont indiqué qu’il s’agit pour eux d’une source de stress.

À l’inverse, une vaste étude américaine publiée en 2003 sous la direction de Richard A. Ippolito a permis de conclure qu’épargner de façon régulière fait partie d’un mode de vie qui réduit l’incidence de maladies et le taux de mortalité.

Bon stress, mauvais stress

La prépondérance de la situation financière parmi les sources de stress des Canadiens ne surprend pas Catherine Raymond, doctorante en sciences neurologiques à l’Université de Montréal: « Les Canadiens sont endettés et ont des craintes par rapport à leur retraite. Les finances sont certainement une source de stress importante dans la population. »

Elle tient cependant à rappeler que le stress a ses bons côtés: « C’est une stratégie adaptative qui nous aide depuis la préhistoire à affronter des menaces et à livrer de bonnes performances. Là où ça pose problème, c’est lorsque le stress n’est plus sporadique, mais chronique. »

Or, plusieurs situations de stress financier, telle la difficulté persistante à gagner un salaire suffisant ou à mettre suffisamment d’argent de côté pour la retraite, tombent dans cette catégorie des stresseurs à long terme.

Un sommeil troublé

Cinquante et un pourcent des femmes qui ont participé au sondage publié par le FPSC affirment que le stress financier trouble leur sommeil, une situation dans laquelle se trouvent également 40 % des hommes interrogés. Trente pourcent des répondantes ont indiqué que les soucis d’argent leur causent de l’anxiété, contre 17 % chez les répondants de sexe masculin.

Selon Julie Carrier, professeure de psychologie à l’Université de Montréal et membre du Centre d’études avancées en médecine du sommeil, la cause de ces disparités entre les deux sexes reste à déterminer. Il est néanmoins clair pour elle que « le sommeil devrait être sur un pied d’égalité avec l’alimentation et l’exercice physique, dans l’équation de la santé ».

Elle explique: « Le stress cause des difficultés de concentration, de mémoire et d’apprentissage, la privation de sommeil nuit au système cardiovasculaire, au système immunitaire et à la régulation hormonale. » Car si le stress engendre de l’insomnie, le manque de sommeil en soi augmente la production de cortisol, une hormone de stress nocive à long terme.

Pour mettre fin à ce cercle vicieux, il faut s’attaquer à la source de stress.

Composer avec le stress financier

Catherine Raymond explique que le stress peut avoir quatre causes: l’impression de perte de contrôle sur la situation, son caractère imprévisible, sa nouveauté ou encore la menace que nous semble poser cette situation sur notre ego.

Pour réduire efficacement le stress chronique, elle conseille donc d’apprendre à composer avec ces dimensions du stress. Plus précisément, dans le cas des finances personnelles, avec la perception de contrôle et l’imprévisibilité.

Chercher de l’aide

Rencontrer un conseiller pour faire le point sur ses finances est un bon moyen de se sentir davantage en contrôle et d’enrichir ses connaissances en matière de finances personnelles, ce qui contribue également à limiter le stress. « J’aide mes clients à contrôler leurs frais bancaires et autres dépenses, et à comprendre leur cote de crédit. Je les guide aussi pour mettre en place un plan d’épargne qui convient à leurs capacités et à leurs objectifs », résume Emmanuel Philippe, banquier, gestion personnalisée à la Banque Nationale.

Objectif prioritaire: un fonds d’urgence

Quant à l’imprévisibilité, autre ingrédient du stress, on s’y attaque sur deux fronts: les revenus et le choix des véhicules d’investissement.

Pour nous rassurer quant à nos revenus futurs, Emmanuel Philippe conseille de constituer un fonds de prévoyance facilement accessible dont le montant équivaut à trois mois de dépenses. Comment? En mettant systématiquement de côté 5 à 10 % de nos revenus, et ce, même s’ils sont modestes. « Les gens comptent souvent commencer à épargner quand ils vont gagner plus, mais c’est une erreur. Il faut prendre l’habitude d’épargner avant toute chose », souligne le banquier.

Emmanuel Philippe suggère d’ajouter à ce fonds de prévoyance une marge de crédit personnelle en vue d’éventuelles périodes creuses: « On n’y touche pas, alors elle ne nous coûte rien en intérêts, mais si on perd son emploi, on pourra s’en servir à moindre taux qu’une carte de crédit. »

On arrive à épargner, mais on redoute les soubresauts des marchés boursiers? Un conseiller financier sera à même de nous proposer des placements qui respectent notre tolérance au risque. « Une bonne diversification dans les placements aide à leur stabilité », ajoute le banquier.

« Souvent les gens voient les banques sous l’angle des intérêts qu’elles vont chercher, mais nous sommes aussi là pour accompagner et conseiller nos clients », fait valoir Emmanuel Philippe.

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Édité le 22 décembre 2016

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